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Identité des Esprits

La question de l'identité est à peu près indifférente quand il s'agit d'instructions générales, puisque les meilleurs esprits peuvent se substituer les uns aux autres sans que cela tire à conséquence. Les esprits supérieurs forment, pour ainsi dire, un tout collectif dont les individualités nous sont, à peu d'exceptions près, complètement inconnues. Ce qui nous intéresse, ce n'est pas leur personne, mais leur enseignement ; or, du moment que cet enseignement est bon, peu importe que celui qui le donne s'apelle Pierre ou Paul ; on le juge à sa qualité et non à sa signature.

Comment distinguer les bons et les mauvais Esprits ?

Si l'identité absolue est dans beaucoup de cas une question accessoire et sans importance, il n'en est pas de même de la distinction entre les bons et les mauvais esprits ; leur individualité peut nous être indifférente, mais leur qualité ne l'est jamais. Dans toutes les communications instructives, c'est donc sur ce point que doit se concentrer toute l'attention, parce que seul il peut nous donner la mesure de la confiance que nous pouvons accorder à l'esprit qui se manifeste, quel que soit le nom sous lequel il le fasse.

L'Esprit qui se manifeste est il bon ou mauvais ? A quel degré de l'échelle spirite appartient-il ? Là est la question capitale.

On juge les esprits comme on juge les hommes : à leur langage. Supposons qu'un homme reçoive 20 lettres de personnes qui lui sont inconnues ; au style, aux pensées, à une foule de signes enfin il jugera celles qui sont instruites ou ignorantes, polies ou mal élevées, superficielles, profondes, frivoles, orgueilleuses, sérieuses, légères, sentimentales, etc ...

Il en est de même des esprits ; on doit les considérer comme des correspondants qu'on a jamais vus, et se demander ce que l'on penserait du savoir et du caractère d'un homme qui dirait de telles choses.

On peut poser comme règle invariable et sans exception que le langage des esprits est toujours en raison du degré de leur élévation. Non seulement les esprits supérieurs ne disent que de bonnes choses, mais ils les disent en des termes qui excluent de la manière la plus absolue toute trivialité. Quelque bonnes que soient ces choses, si elles sont ternies par une seule expression qui sente la bassesse, c'est un signe indubitable d'infériorité. Le langage décèle toujours l'origine de l'esprit, soit par le fond (la pensée qu'il traduit), soit par sa forme.

Lorsque l'on reçoit des messages en écriture automatique, il faut user de toute notre perspicacité et de tout notre jugement pour démêler la vérité du mensonge. Etre certain que les esprits pervers sont capables de toutes les ruses pour nous tromper ; la forme matérielle d'un langage peut être imitée, mais il faut alors s'entraîner à scruter le fond des pensées. Jamais l'ignorance n'imitera le vrai savoir, et jamais le vice n'imitera la vraie vertu : Toujours quelque part percera le bout de l'oreille.

La bonté et la bienveillance sont des attributs des esprits supérieurs ; ils n'ont de haine ni pour les hommes, ni pour les autres esprits ; Ils plaignent les faiblesses, ils critiquent les erreurs mais toujours avec modération, sans aucune amertume de sentiments, sans animosité.

Si l'on admet que les esprits vraiment bons ne peuvent vouloir que le bien, et ne dire que de bonnes choses, on en conclura que tout ce qui, dans le langage des esprits, décèle un manque de bonté et de bienveillance, ne peut émaner d'un bon esprit.

l'intelligence est loin d'être un signe de supériorité, car l'intelligence et la morale ne marchent pas toujours de front.

En soumettant toutes nos communications à un examen scrupuleux, en scrutant et en analysant le fond de la pensée et les expressions, en rejetant sans hésiter tout ce qui pèche par la logique et le bon sens, on finira par décourager les esprits trompeurs qui finiront par se retirer, une fois bien convaincus qu'ils ne peuvent nous abuser.

Ce moyen de se protéger dans les communications, et de savoir distinguer les bons et les mauvais esprits est le seul, mais il est infaillible, parce qu'il n'y a pas de communication qui puisse résister à une critique rigoureuse. Les bons esprits ne s'en offensent jamais, puisque eux mêmes le conseillent, et parce qu'ils n'ont rien à craindre de l'examen. Seuls les mauvais s'en formalisent et en dissuadent, et par celà même prouvent ce qu'ils sont.